vendredi 13 mai 2011

Il l'est

Ce qu'il signifie,

autre, toujours autre,

que la peau,
les pensées,

étroit univers
où rien n'est connu,

vol hors du filet,

ce ciel épousé,
il l'est,
il le respire,

où le visage
inenvisageable
advient !

mercredi 11 mai 2011

une chanson toujours d'actualité en ces temps de fermeture et une voix !, une vraie !





Môrice Bénin chante "mon pays n'existe pas" (1972)

C'est sa seule vie

C'est sa seule vie,
sa seule réponse
aux effacements
de la nuit
toujours aux aguets,

quand il se lève
par ses mots
qui naissent sans raison.

C'est sa seule vérité
dans la reconnaissance
du vide où il dépose
ses lucioles au hasard,

offrande qui échappe
au sommeil
et qui lui donne
d'être en ce mouvement.

C'est son seul courage
quand tout effort
n'est que résistance
au plus vaste qui nait
par le sourire d'une étoile,

abandon comme s'il
devait reconnaître
l'écroulement défintif
de sa précieuse demeure,

pour être pauvre et nu
sur un rocher
qui heurte sa chair
et sous un soleil
qui le prend en main !

mardi 10 mai 2011

Chanson d'enfant

La Chanson du Vrai Monde

Vous dites que je suis trop petit
Pour contenir la Lune
Qu 'est-ce que vous en savez ?
Vous n 'êtes pas ici !
Ici, chez moi, c 'est immense,
Ce n 'est jamais fini
Chez moi c 'est grand ouvert
Chez moi c 'est infini.

(Refrain :)
C 'est le Vrai Monde
Celui que tout le monde peut voir
Mais qu 'on oublie de regarder.

Moi, une tête ?
Vous vous trompez !
De tête Ici, pas de trace,
Il n'y a que l'Espace
Et vous pouvez entrer !
Entre mes deux oreilles I
Il n'y a que le monde, c'est clair !
Et quand je mets ma casquette
Elle coiffe l'Univers !


C'est le Vrai Monde
Celui que tout le monde peut voir
Mais qu 'on oublie de regarder.


Je ne suis pas, comme vous le croyez,
Opaque, solide et petit.
Je suis, vous êtes, mais regardez !
Transparent et Infini.
Quand je vais à l'école,
Au-dessus de mon col
Il n'y a que les galaxies !

C'est le Vrai Monde
Celui que tout le monde peut voir
Mais qu 'on oublie de regarder.



Et quand je me tourne vers Toi,
Qui que Tu sois,
Mon visage est pour Toi,
Ton visage est pour moi.
Je suis Toi, Tu es Moi,
Entre ! C'est vaste Chez moi,
Bienvenue à Toi.
Si on regarde bien,
On n 'a pas une tête,
On a un cœur immense,
Et ce cœur est plein de Lumière,
Et cette Lumière nous donne envie d'aimer.

Catherine Harding


lundi 9 mai 2011

Le corps

Sur le plan corporel, il faut obtenir un état musculaire neutre, sans attraction ni répulsion. Il nous est facile de remarquer combien nous sommes continuellement en défense vis à vis de notre environnement et que cet état de défense perturbe notre physiologie. Non seulement les répulsions déclenchent tout un système de contractures plus ou moins durables, mais l'attraction également avec son cortège d'avidités et d'impatiences, crée dans le corps la même tension. Cet état de tension continuel nous transforme souvent en pitoyables marionnettes aux mouvements saccadés, esclaves de tics ridicules. Il faut prendre conscience de cet état de fait dans un esprit de lucidité sereine excluant formellement toute idée de culpabilité, de mérite et même de volonté de changement. Ainsi seulement pourra surgir la réaction décisive qui nous évitera de réintégrer  nos cadres habituels. Il faut arriver à bien comprendre que le corps n'est rien d'autre qu'une idée. Il n'est rien d'autre qu'un assemblage d'idées cristallisées, fixées et soilidifiées par la répétition, l'habitude, la stagnation. On obtiendra la régénération du corps par une thérapeutique qui consistera dans l'établissement d'un processus inverse d'attention discriminatrice et dissolvante, aboutissant à la destruction des "scléroses". Car le corps n'est rien d'autre, en dernier ressort qu'un ensemble de "scléroses mentales" que le mental seul a produites par ses mauvaises habitudes, et que le mental seul peut détruire par un processus inverse. Ce processus inverse nous met à la fin en possession d'un corps régénéré, purifié, qui correspond à ce qu'on appelle, en langage chrétien, le "corps glorieux"

Jean Klein, "la Joie sans objet"

une photo de Jean Klein

A l'allure des nuages

-1-

Un corbeau
aux ailes tâchées
de blanc
disparaît
dans les jardins;

Le soleil est
en embuscade
derrière le linge
gris des nuages!

-2-

C'est ici
qu'il joue sa musique,
profonde solitude
paisible,

sans regrets
et sans rêves,

c'est ici
qu'il écoute le réveil
dans la chambre,

qu'il sent un peu
le froid
monter le long
des jambes !

Cela n'aurait pu être
autrement !

Les mots viennent
à l'allure des nuages !

-3-

Il n'y a rien
à changer !

Déjà est l'ouvert,
la seule conscience

Tout doit se taire,

mais comme une fleur
se tait,
ou la lune,
ou la mer
qui déferle !

Et pour cela
il n'y a rien à faire!

Tout est déjà pur,
les pensées,
rien de plus
que des enfants
qui jouent
à côté d'un homme
en paix !

 -4-
Seulement un rire,
une voix, un parfum,

tout ce qui unit,
l'étreinte, le cercle,
les myriades d'étoiles

et aussi les regards
qui vont droit au coeur,

rien d'autre
que l'espace,
la grève des galets
qui chantent,

seulement le vent
et l'écoute du vent
et le large vol
des oiseaux qui ôtent
la souffrance !


dimanche 8 mai 2011

Corvée Saint Jean

A la corvée Saint Jean,
sous les trois marronniers
il est assis dans le vent.

Est-ce lui qui respire ?

A ses pieds, une prairie
de boutons d'or
est prête à être
embrassée ou caressée.

Partout un grand lit
d'herbe ondule !

Il aimerait se perdre
dans ce drap vert,

ne plus bouger,
ne plus respirer,

la terre est belle,
les herbes viennent
avec l'or des fleurs
guérir l'homme,

et il se tait !