lundi 6 juin 2011
Inaperçus
Derrière la frondaison des arbres,
ils passeraient presque inaperçus,
les nuages,
montagnes blanches
qui emportent avec elles
leur royaume de silence !
Là-haut,
il n'y a personne.
Même les oiseaux
volent à contre-sens !
Personne, à part le vent,
qui le temps de fermer les yeux
et de les ouvrir
change le tableau.
Qui cherche
à retenir les nuages ?
Quoiqu'il arrive,
ils passeront !
ils passeraient presque inaperçus,
les nuages,
montagnes blanches
qui emportent avec elles
leur royaume de silence !
Là-haut,
il n'y a personne.
Même les oiseaux
volent à contre-sens !
Personne, à part le vent,
qui le temps de fermer les yeux
et de les ouvrir
change le tableau.
Qui cherche
à retenir les nuages ?
Quoiqu'il arrive,
ils passeront !
dimanche 5 juin 2011
Distance
-1-
Il accompagne simplement les rumeurs qui montent des maisons, les martinets qui tournent sans arrêt. Qu'est qui s'est éloigné ? L'horloge ne peut marquer cet espace. Il accepte ses mains ouvertes, avec ses lignes et ses veines, la lourdeur de sa tête, le tiraillement de ses vertèbres.
-2-
C'est comme s'il disait au revoir de la fenêtre d'un train, sans histoire, visages aimés dans le lointain qui deviennent des points. Mais dans cette distance qui s'installe, il voit le vent qui souffle sur la barque. Et lui reste là, sur un rivage qui chante, un rivage où il comprend tout, mais où aucun mot ne sort de sa bouche !
-3-
Reste quelques rires échangés au repas, une brève étreinte entre deux assiettes, une peau que l'on caresse comme l'on récite un poème ! Reste le bruit d'un klaxon comme une ride aussitôt disparue sur une eau calme, et toujours les hirondelles qui n'ont pas de chemin, heureuses d'être perdues, et les pépiements des moineaux, invisibles gardiens d'une vie sans désastre !
Il accompagne simplement les rumeurs qui montent des maisons, les martinets qui tournent sans arrêt. Qu'est qui s'est éloigné ? L'horloge ne peut marquer cet espace. Il accepte ses mains ouvertes, avec ses lignes et ses veines, la lourdeur de sa tête, le tiraillement de ses vertèbres.
-2-
C'est comme s'il disait au revoir de la fenêtre d'un train, sans histoire, visages aimés dans le lointain qui deviennent des points. Mais dans cette distance qui s'installe, il voit le vent qui souffle sur la barque. Et lui reste là, sur un rivage qui chante, un rivage où il comprend tout, mais où aucun mot ne sort de sa bouche !
-3-
Reste quelques rires échangés au repas, une brève étreinte entre deux assiettes, une peau que l'on caresse comme l'on récite un poème ! Reste le bruit d'un klaxon comme une ride aussitôt disparue sur une eau calme, et toujours les hirondelles qui n'ont pas de chemin, heureuses d'être perdues, et les pépiements des moineaux, invisibles gardiens d'une vie sans désastre !
samedi 4 juin 2011
vendredi 3 juin 2011
René Daumal
Je suis mort parce que je n'ai pas le désir ;
Je n'ai pas le désir parce que je crois posséder ;
Je crois posséder parce que je n'essaie pas de donner ;
Essayant de donner, je vois que je n'ai rien ;
Voyant que je n'ai rien, j'essaie de me donner ;
Essayant de me donner, je vois que je ne suis rien ;
Voyant que je ne suis rien, j'essaie de devenir ;
Essayant de devenir, je vis.
Je n'ai pas le désir parce que je crois posséder ;
Je crois posséder parce que je n'essaie pas de donner ;
Essayant de donner, je vois que je n'ai rien ;
Voyant que je n'ai rien, j'essaie de me donner ;
Essayant de me donner, je vois que je ne suis rien ;
Voyant que je ne suis rien, j'essaie de devenir ;
Essayant de devenir, je vis.
jeudi 2 juin 2011
Toujours à la fenêtre
-1-
S'il lève les yeux, encore une fois un seul nuage va disparaître. Dans l'air quelques oiseaux disparaissent eux aussi. Il est là, avec la ville immobile. A peine pense-t-il. Quelques images : le kiwi géant dans l'escalier qui monte à la Cure d'Air, des jardins fouillis qui dissimulent des fenêtres bleues sans visages.
-2-
Deux filles sur des balançoires qui sourient au soleil et au vent, et des enfants seuls qui partagent leur butin, quelques cerises aigres un peu tâchées. De retour à la maison, il a retrouvé ses arbres qui aujourd'hui se gonflent d'air, puis resserrent leurs branches. Le monde est là. Il n'est plus qu'une caresse pour ce monde qui s'adresse à lui.
-3-
Il est là devant cet espace qui s'offre, avec ce manque dont il n'a plus peur. Le ciel est devenu blanc de lumière et il vient le toucher dans une profondeur qu'il ignore. Il comprend ici pourquoi les mots doivent manquer; Il aimerait être transformé en une seule, grande et large respiration.
-4-
Il offre son vide, là où personne ne viendra jamais, pour être lui aussi un feuillage abandonné au vent ou les pétales roses si transparents d'un fragile pavot, et qu'on regarde pour être en paix. Il n'y a alors plus que la vie fragile qui implore une issue parmi tant de souffrances et de mort.
S'il lève les yeux, encore une fois un seul nuage va disparaître. Dans l'air quelques oiseaux disparaissent eux aussi. Il est là, avec la ville immobile. A peine pense-t-il. Quelques images : le kiwi géant dans l'escalier qui monte à la Cure d'Air, des jardins fouillis qui dissimulent des fenêtres bleues sans visages.
-2-
Deux filles sur des balançoires qui sourient au soleil et au vent, et des enfants seuls qui partagent leur butin, quelques cerises aigres un peu tâchées. De retour à la maison, il a retrouvé ses arbres qui aujourd'hui se gonflent d'air, puis resserrent leurs branches. Le monde est là. Il n'est plus qu'une caresse pour ce monde qui s'adresse à lui.
-3-
Il est là devant cet espace qui s'offre, avec ce manque dont il n'a plus peur. Le ciel est devenu blanc de lumière et il vient le toucher dans une profondeur qu'il ignore. Il comprend ici pourquoi les mots doivent manquer; Il aimerait être transformé en une seule, grande et large respiration.
-4-
Il offre son vide, là où personne ne viendra jamais, pour être lui aussi un feuillage abandonné au vent ou les pétales roses si transparents d'un fragile pavot, et qu'on regarde pour être en paix. Il n'y a alors plus que la vie fragile qui implore une issue parmi tant de souffrances et de mort.
mercredi 1 juin 2011
Si la clarté
Si la clarté se retire,
le néant doit être
ta consolation
dans la désolation.
Si tu perds la lumière,
sache que tu n'as pas
perdu Dieu même.
Angelus Silesius
le néant doit être
ta consolation
dans la désolation.
Si tu perds la lumière,
sache que tu n'as pas
perdu Dieu même.
Angelus Silesius
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