dimanche 3 juillet 2011

Et donnant sa main

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C'est ici qu'a commencé un ciel sans détours, avec des arbres gorgés de lumière, une histoire d'où l'on ne revient pas, côte à côte avec les marcheurs nocturnes qui ne lèvent jamais les yeux. C'est ici que des ailes ont pris feu, et que le vin a coulé à flots sur une terre inconnue.

-2-

Il était temps de perdre la tête, triste geôle à moisisssures, et que les hirondelles sur leur fil reprennent leurs volutes où l'espace jubile. Il était temps d'échapper à ces os désséchés qui ne se relèveraient jamais.

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Le jugement est déjà venu et la voix était douce comme du miel : "Cette terre est la tienne. Sur la pelouse calcaire de cette colline est un orchis si pur qu'il peut être un diadème"





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Les plaintes ont été emportées par le vent, comme de la paille. Les mains trouvaient douceur à l'écorce rugueuse. Les mains parlaient aux herbes folles, et le regard était celui d'un otage au grand jour, renversé par la lumière et la tendresse folle des pétales

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Même les visages qui se ferment possédaient une perle ou un germe que révélerait peut-être un jour le cygne qui marque avec de l'or son passage sur l'eau noire !

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Il y avait tout en cet instant, ce que personne ne dit jamais à personne, la feuille vert tendre d'un érable, ou la robe luisante d'un grain de cassis, hors du sang et de la souffrance.



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Tout se tenait dans cette reconnaissance, une innocence essentielle, du lichens phosphorescent à la dent de tigre fossile, du regard de l'enfant battu qui ne comprend pas à celui grand ouvert du poulain sur ses pattes frêles. Tout attirait vers l'énigme !
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Et il voulait être là, homme seulement, parmi d'autres hommes, sans défense, sans violence, sur le fil fragile qui passe d'abîme en abîme, et donnant sa main, et donnant sa vie !


vendredi 1 juillet 2011

Petite graine

Petite graine
semée au vent,
que donneras-tu ?

Un peu de vie ?
ou rien du tout ?

Mais certainement pas
la mort,
ou le mépris !

Il écoute

Il écoute le chant
de l'arbre qui ruisselle
de la dernière averse,

le chant des herbes fleuries
comme des cordes de harpe
que pincent les sauterelles,



le chant des pierres immobiles
qui ne comptent plus
les saisons du monde.

Il écoute le chant
de la terre et du ciel
que reprend le silence
lorsque l'homme se tait !