lundi 12 septembre 2011

Plus loin

Arbres disparaissez
avec les nuages !

Fleurs fanez-vite
et vous visages
comme diamants
dans la rivière,
effacez-vous !

Cimes, redevenez
noires et cruelles !

Vertes prairies,
brûlez sous le soleil !

Torrents bondissez
à la source
et disparaissez !

Etoiles regagnez
le trop vaste infini !

Et vous toutes
étincelles
d'un même feu
ne dansez plus
dans la nuit !

la place est prête
maintenant !

dimanche 11 septembre 2011

Zaz, Trop sensible

après-midi pluvieuse

-1-

Comme si la pluie l'avait emprisonné dans une carapace, le poulain ne bouge plus. Des corbeaux regagnent leur gîte à la lisière de la forêt. Une mouche remonte la vitre perlée de gouttes d'eau. Silence dans la chambre aux murs nus, mal couverts d'une peinture blanche qui devient grise. Silence à peine ponctuée par des coups de tonnerre dans le lointain !

-2-

La pluie s'est arrêtée. Le poulain a disparu du cadre délimité par la fenêtre verte. Les corbeaux reviennent se poser sur le fil de téléphone et s'ébrouent les ailes. Un volet poussé par le vent vient claquer soudainement. Dans le silence, ce bruit sec est facile à remémorer. La lumière ne rentre plus qu'à moitié !



-3-

Les murs sont devenus sombres. Deux fauteuils, dont le tissu est usé à l'endroit où repose la tête, se font face à côté d'une commode sur laquelle est posée un cadre avec une vache heureuse d'avoir été photographiée, et une lampe surmontée d'un abat-jour tâché. Plus loin, un lit, avec une couette verte rayée, occupe la majeure partie de la chambre. Ce sont des choses silencieuses et qui le resteront.

-4-

Il respire ce silence, prend conscience de la densité de silence qui passe par ces objets, ou l'espace que délimitent les fauteuils, le vide entre les deux bras de bois, le vide sur le dessus de marbre gris de la commode, le vide avec les lignes vertes un peu froissées qui recouvrent le lit,...et le sifflement à ses oreilles que ne cesse pas malgré un bourdonnement de temps en temps, un hennissement, une voix qui prononce des mots indistincts, ou quelques notes de musique.

-5-

Et le volet s'ouvre à nouveau en amenant de la clarté...puis se referme. Mais il a eu le temps d'apercevoir à l'horizon, au travers d'une ligne de nuages très sombres, la blancheur d'une éclaircie.

C'est le monde tel qu'il le voit dans cet après-midi pluvieuse, monde qui vient à ses yeux, mais aussi qu'il écoute. Le clapotis de la pluie a repris, de plus en plus fort.

-6-

Il ne sait rien de ce vide et de ce silence. Il voit. Il écoute en plein mystère, relié à sa respiration, au mouvement du crayon, à la mouche qui se promène sur le dos de sa main.
Il n'imagine rien, ou plutôt il pense à la réalité du monde en son absence, fauteuils qui attendent sans impatience la venue d'un corps, paysage aux diverses nuances qui ne peuvent être perçues que par le regard, bruissement des ailes de mouche que seule l'oreille entend !

-7-

Il comprend aussi que ce monde sans sa conscience disparait, comme s'il était finalement l'inventeur du monde, l'inventeur de ce qui est. Et c'est par ce silence que cela passe, silence derrière les choses, derrière ce qui apparaît, silence qui est paix encore plus profonde quand il ferme les yeux.

-8-

Il écrit presque les yeux fermés. Le vent souffle plus fort. Le volet claque. la musique a disparu ainsi que la voix. Comme des vagues, les gouttes d'eau viennent le bercer. Il écoute seulement, nullement effrayé de n'être que là et présent dans l'absence de pensées particulières ou sentiments, là, presque devenu un fauteuil aux bras ouverts ou cri d'une hirondelle qui se prépare au retour, là laissant vivre le silence et l'espace qui l'entoure où peut se déployer la vie let les mille particularités de son chant.

samedi 10 septembre 2011

Albert Einstein : Une illusion d'optique de la conscience






Un être humain est une partie d'un tout que nous appelons univers, une partie limitée dans le temps et l'espace.
Nous nous expérimentons, nous nous pensons et nous nous ressentons comme séparés du reste. Une sorte d'illusion d'optique de la conscience.
Cette illusion est une sorte de prison, nous limitant à nos désirs personnels et à l'affection de quelques personnes proches.
Notre tâche doit être de nous libérer de la prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et l'ensemble de la nature dans sa beauté ...
La vraie valeur d'un être humain se trouve essentiellement dans la mesure où il a pu se libérer du soi...
Nous allons avoir besoin d'une toute nouvelle manière de penser, si l'humanité doit survivre.

Deux chanteuses à découvrir




vendredi 9 septembre 2011

Maturité

Extrait du livre « Au-delà de la psychologie»
d'Osho

Les qualités d'une personne mûre sont très étranges.
D'abord, elle n'est pas une personne, elle n'est plus un moi, elle a une présence, mais elle n'est pas une personne.
Ensuite, elle est plutôt comme un enfant…simple et innocente.
C'est pourquoi je dis que les qualités d'une personne mûre sont très étranges, parce que la maturité donne l'idée de quelqu'un qui a de l'expérience, qui a vieilli, pris de l'âge... Physiquement cette personne peut être vieille, mais spirituellement elle est un enfant innocent. Sa maturité n'est pas seulement l'expérience gagnée dans la vie ; elle ne serait alors pas un enfant et elle ne serait pas une présence non plus ; elle serait une personne expérimentée, avec beaucoup de connaissances, mais pas mature.

La maturité n'a aucun rapport avec vos expériences de vie.
Elle a quelque chose à voir avec votre voyage intérieur, avec les expériences intérieures.

Plus quelqu'un va profondément en lui-même, plus mature il est. Lorsqu'il a atteint le centre même de son être, il est parfaitement mature ; mais à cet instant-là, la personne disparaît, seule reste la présence.
Le moi disparaît, ne reste que le silence.
Le savoir disparaît, ne reste que l'innocence.
Selon moi, la maturité est un autre nom pour réalisation ; vous êtes arrivé à l'accomplissement de votre potentiel, c'est devenu réel. La graine a parcouru un long voyage et a fleuri.

La maturité a un parfum. Elle donne une beauté immense à l'individu. Elle donne l'intelligence, l'intelligence la plus pénétrante qui soit. La maturité rend cette personne rien d'autre qu'amour. Son action est amour, son inaction est amour ; sa vie est amour, sa mort est amour. Elle est juste une fleur d'amour.
L'occident a des définitions de maturité qui sont très infantiles. En occident, maturité veut dire que vous n'êtes plus innocent, que vous avez mûri par des expériences de vie, que vous ne pouvez pas être trompé facilement, que vous ne pouvez pas être exploité, que vous avez en vous quelque chose comme un roc solide, une protection, une sécurité.
Cette définition est très banale, très matérielle. Oui, dans le monde vous trouverez des gens mûrs de ce type. Mais la façon dont je considère la maturité est totalement différente, diamétralement opposée à cette définition. La maturité ne fera pas de vous un roc ; elle vous rendra si vulnérable, si doux, si simple.