mardi 3 avril 2012

Leur ouvrage


Ils ont essayé,
ils essayent encore.

C'est le duvet
qui a le plus de poids,

c'est le vide
qui reçoit les échos,

c'est le nuage
qui prend toutes les formes.

Ils ne prétendent plus rien
que l'espace d'un ciel
où le vent joue son chemin.

Ils essayent toujours,
glissent entre
les doigts du temps,
jouent parmi
des statues creuses
où se meurt
un rêve d'enfant !


lundi 2 avril 2012

Il ouvre les yeux

-1-

Etre en cela,
aucune question
pour l'océan
de blancheur
du cerisier,

déploiement
dans le silence
avec la danse
des moucherons
qui reprend,

pistils noirs,
points d'exclamation
dans le calice
en sang des tulipes,
accueil seulement !



-2-

Respiration du printemps,
nuage vert des bourgeons
derrière des branches noires
en bataille,
flots d'écume blanche
des aubépines
au bord des fossés,

tout halète,
se déploie
jusqu'aux bourdons aveugles
qui se heurtent aux fenêtres !

-3-

Les houpiers des hêtres
murissent violets
sur la colline tâchée
de la fraîcheur
des plus précoces feuillages,

unique mouvement
qui ne se reprend pas !

Il écoute avec tout son corps
ce désir du plus vaste !



-4-

Inachèvement,
failles où se cachent
les graines
de l'obscur appel,

plus vaste
où il n'y a
que vie qui chante,

passage ou effraction,
surgeons des lavataires
ou des framboisiers
au pied des branches mortes,

affres ornées de silence,

Un feu appelle ses flammes
parmi les fleurs et les arbres !



-5-

Il ouvre les yeux
encore plus fort,

regarde ses mains-fleurs
qui veulent dessiner
l'hymne du monde
où ruissellent des paroles
que seuls les enfants
comprennent !

-6-

Il ouvre les yeux,
voit sa chaise
qui tourne autour
du soleil,

et les galaxies
qui s'éloignent
sans peine,

et le sang, la sève
qui coulent
en toutes veines,

et les oiseaux
qui vont et viennent
brindilles au bec
pour nicher
dans les glycines
ou les chèvrefeuilles !

-7-

C'est le printemps rayonnant
qu'il accueille
en posant son crayon
pour suivre le paysage
qui danse entre les branches
du bouleau orné
de feuilles limpides
parmi les notes fluides
d'un piano !

Patti Smith, Peaceable Kingdom



Hier je vous ai vu debout avec votre main contre la vitre
En regardant la pluie par la fenêtre
Et je voulais vous dire que vos larmes ne sont pas vaines
Mais je suppose que nous le savions tous les deux, nous ne serons plus jamais les mêmes
Plus jamais les mêmes

Pourquoi devons-nous cacher tous ces sentiments à l'intérieur?
Lions et agneaux sont tenus de se respecter

Peut-être qu'un jour nous serons assez forts pour le reconstruire à nouveau
reconstruire ce royaume de paix
reconstruire

Pourquoi devons-nous cacher tous ces sentiments à l'intérieur? Lions et agneaux sont tenus de se respecter

Peut-être qu'un jour nous serons assez forts pour le reconstruire à nouveau
reconstruire le royaume de paix
Peut-être qu'un jour nous serons assez forts pour le reconstruire à nouveau
reconstruire le royaume de paix
reconstruire

Jean klein - Etre ouvert à l'ouverture...

Sachez prendre du recul, ne pas vous laisser envahir par les mouvements de la vie: faire ce qui doit être fait, y réfléchir auparavant, mais en ne leur donnant que l'intérêt qu'ils méritent. Quant à votre corps, … au cours de vos promenades, ne comparez pas, restez dans la sensation. Voyez comme le vert des arbres vous fortifie, comme l'or de l'automne agit sur vous. Absorbez-les, sentez-les, touchez-les, admirez-les. Réjouissez-vous de ce qui vous émerveille, constatez, sans vous reportez au passé, à la mémoire. Votre regard manque parfois de fraîcheur, épurez-le, vous verrez, ce sera extraordinaire ensuite. Seul, le lâcher prise nous permet d'abandonner tour ce que nous ne sommes pas - nos résistances, nos agressions -, de nous libérer du faire et du non-faire pour être dans une parfaite disponibilité, un état d'attente sans rien attendre.
En d'autres mots, c'est une ouverture où, en fin de compte, nous sommes ouverts à l'ouverture. Vivez cela tous les jours, par une sorte de rappel, et ce n'est pas un problème de durée, nous sommes dans ce cas, au-delà de la durée; vos activités porteront l'empreinte de quelque chose de sacré: le retour à soi-même, à son origine, à sa demeure.
Mais, pour arriver à ce seuil, votre lâcher prise doit être complet, sans réserve. Commencez par prendre conscience de votre corps, explorez-le attentivement, sans but, sans chercher de résultat. Vous n'êtes plus complice de vos résistances, de vos agressions. celles-ci ne sont plus alimentées, fortifiées, tout se passe au niveau de la sensation et à ce moment-là, vous laissez faire. Votre volonté n'y est pour rien, cela se produit dès que vous avez constaté votre manque d'ouverture. Vous n'avez pas alors un corps mort, non, c'est votre corps énergétique qui s'est éveillé, manifesté. «Faire», et «non-faire» sont des états dans lesquels on entre et desquels on sort. Il est en vous un non état qui les coiffe et là, vous êtes au seuil de l'être. Voyez cette disponibilité. C'est votre seule ressource du reste; ne choisissez pas, ne concluez pas, soyez seulement prêt à recevoir, à accueillir. Mais n'oubliez pas; il n'y a rien à accueillir, faites fête à l'accueil, c'est tout.

Jean Klein

dimanche 1 avril 2012

Christiane Singer - J'appelle féminin....


J'appelle féminin cette qualité que la femme réveille au creux de l'homme, cette corde qui vibre à son approche. J'appelle féminin le pardon des offenses, le geste de rengainer l'épée lorsque l'adversaire est au sol, l'émotion qu'il y a à s'incliner. J'appelle féminin l'oreille tendue vers l'au-delà des mots, l'attention qui flotte à la rencontre du sens, le palpe et l'enrobe. J'appelle féminin l'instinct qui au-delà des opinions et des factions flaire le rêve commun.

De même qu'on peut détourner les yeux du soleil, se bander les yeux devant lui mais non pas l'éteindre, on peut frapper l'amour d'opprobre mais non réduire sa force. Seuls le rituel d'attente et d'approche, le merveilleux cérémonial dont les cultures se parent et s'honorent à juste titre sont anéantis. Le monde, la société en sont assombris et l'homme réduit à l'état de brute. N'est-ce pas assez de destruction? Mais l'amour reste intact sous les gravats. Sans sa révélation, rien ne m'eût fait lever la tête ni prendre conscience de cette royauté qui est la mienne.

J'ai eu tant de bonheur à être femme! Comment aurais-je douté du caractère divin de la métamorphose qui s'opérait en moi et autour de moi? L'amour transforma mon corps et mon âme. Tout devint d'une telle finesse, d'une telle qualité de résonance! 

J'appelle le féminin cette musique.

Christiane Singer 


Découvrir le pipa, instrument traditionnel chinois

Son partage

Voilà son partage,
quelques fleurs
de langage,
pour écarter
de vos visages
l'enfer d'être
sans chemin !

Car chaque matin
le monde commence !
Y né un chant
dans le coeur
de ceux qui voient
le soleil pour
la première fois,

et qui ne cherchent plus
d'autre place
que celle qui est,
avec les heures
à caresser
ou à délivrer
pour qu'en ce temps
la vie se propage !