jeudi 3 mai 2012

Entre



Entre la tristesse
et la joie,

entre la peur
et le courage,

entre le mal
et le bien,

un point,
un simple point

où, en paix,
tout s'est tu,

où tout s'enfonce
dans le silence !


mercredi 2 mai 2012

Là où même les souffrances tournent au bonheur


Lady of Shalott, W. Hunt


Là où même les souffrances tournent au bonheur,
Où même le poison se change en nectar
Et où le cycle du monde devient libération,
Là est le chemin de ce Bienfaisant.


Guirlande d'hymnes à Shiva, 20, 12, par Utpaladeva et commentaire par Kshemarâja (vers l'an 1000 au Cachemire).

The Lady Of Shalott - Loreena McKennitt

Précieux corps


Il célèbre
son ignorance
étant en ce monde
comme une étoile
tombée à terre
et oubliée !

Il a des yeux
pour le ciel bleu,
et des mains
pour l'écorce,
Il a un nez
pour le parfum,
des oreilles
pour la lyre.

Déjà le paradis
a commencé !


mardi 1 mai 2012

L’hirondelle blanche

Il ne fait pas nuit sur la terre ; l'obscurité rôde, elle erre autour du noir.
Et je sais des ténèbres si absolues que toute forme y promène une lueur
et y devient le pressentiment, peut-être l'aurore d'un regard.

Ces ténèbres sont en nous. Une dévorante obscurité nous habite.
Les froids du pôle sont plus près de moi que ce puant enfer
où je ne pourrais pas me respirer moi-même.
Aucune sonde ne mesurera ces épaisseurs : parce que mon apparence est dans un espace
et mes entrailles dans un autre ; je l'ignore parce que mes yeux, ni ma voix, ni le voir, ni l'entendre
ne sont dans l'un ni l'autre.

Il fait jour ton regard exilé de ta face
Ne trouve pas tes yeux en s'entourant de toi
Mais un double miroir clos sur un autre espace
Dont l'astre le plus haut s'est éteint dans ta voix.

Sur un corps qui s'argente au croissant des marées
Le jour mûrit l'oubli d'un pôle immaculé
Et mouille à tes longs cils une étoile expirée
De l'arc-en-ciel qu'il draine aux racines des blés.

Les jours que leur odeur endort sous tes flancs roses
Se cueillent dans tes yeux qui s'ouvrent sans te voir
Et leur aile de soie enroule à ta nuit close
La terre où toute nuit n'est que l'ouvre d'un soir.

L'ombre cache un passeur d'absences embaumées
Elle perd sur tes mains le jour qui fut tes yeux
Et comme au creux d'un lis sa blancheur consumée
Abîme au fil des soirs un ciel trop grand pour eux.

Il fait noir en moi, mais je ne suis pas cette ténèbre bien qu'assez lourd
pour y sombrer un jour.
Cette nuit est : on dirait qu'elle a fait mes yeux d'aujourd'hui et me ferme à ce qu'ils voient.
Couleurs bleutées de ce que je ne vois qu'avec ma profondeur,
rouges que m'éclaire mon sang, noir que voit mon cœur...

Nuit du ciel, pauvre ombre éclose, tu n'es la nuit que pour mes cils.

Bien peu de cendre a fait ce bouquet de paupières
Et qui n'est cette cendre et ce monde effacé
Quand ses poings de dormeur portent toute la terre
Où l'amour ni la nuit n'ont jamais commencé.

Joë Bousquet




Paperboy - Rebekka Karijord



Superbes ombres dans leur simplicité !

Tenir haut

Tenir haut
ce qu'il reste
de lumière

quand surgit
le vide
et l'absence,

c'est maintenant
son offrande !

Que reste-t-il ?

Au loin,
un oiseau
qui s'enfuit !