Félix Leclerc, c'est tout .
mardi 31 mai 2011
L'orée
Il grandit
dans ce pas de nuit
où il se quitte,
autre rive silencieuse
où tout ce qu'il a été
lui apparait
mensonge,
là, au coeur
d'une forêt
où les étoiles
se cachent,
avec l'orée
comme seul rêve.
dans ce pas de nuit
où il se quitte,
autre rive silencieuse
où tout ce qu'il a été
lui apparait
mensonge,
là, au coeur
d'une forêt
où les étoiles
se cachent,
avec l'orée
comme seul rêve.
lundi 30 mai 2011
Matin de mai II
-4-
Etrange paix comme un rappel, loin des scandales, gouttes de boue qui éclaboussent par les écrans, l'envol des regards. Pourtant les cerises restent rouges et attirent tous les oiseaux du quartier dans un délire de chants matinaux. Et des hommes tristes et gris vont à leur travail !
-5-
Tout est prêt. Les iris bleus sont des flambeaux de fraîcheur. "Reste là, Reste là" pépient des moineaux dans cette présence. Il voit à présent ce qu'il ne voyait pas, à hauteur de genou, un enfant aux yeux si bleus que le ciel en pâlit et qui dévore un abricot !
-6-
Ou un fleuve infranchissable qui le sépare de gens affairés, portable à l'oreille, sûrs de leur pouvoir, croyant mettre le monde à leurs ordres. Par la fenêtre, il continue à admirer la danse des arbres, grands balais verts qui dispersent des traces d'obscurité et l'aident à rejoindre ce lieu sans lieu, où tout est célébration, où un chant envahit l'espace et vibre avec lui !
-7-
Les arbres , maintenant, ne bougent plus. Plus un souffle ! Quelques lueurs demeurent entre les branches. Il aurait voulu chanter plus fort et au plus près de ce cri sans mots. Mais déjà le papier redevient blanc, d'une blancheur qui convient à ce chant qui secrètement cherche à naître !
Etrange paix comme un rappel, loin des scandales, gouttes de boue qui éclaboussent par les écrans, l'envol des regards. Pourtant les cerises restent rouges et attirent tous les oiseaux du quartier dans un délire de chants matinaux. Et des hommes tristes et gris vont à leur travail !
-5-
Tout est prêt. Les iris bleus sont des flambeaux de fraîcheur. "Reste là, Reste là" pépient des moineaux dans cette présence. Il voit à présent ce qu'il ne voyait pas, à hauteur de genou, un enfant aux yeux si bleus que le ciel en pâlit et qui dévore un abricot !
-6-
Ou un fleuve infranchissable qui le sépare de gens affairés, portable à l'oreille, sûrs de leur pouvoir, croyant mettre le monde à leurs ordres. Par la fenêtre, il continue à admirer la danse des arbres, grands balais verts qui dispersent des traces d'obscurité et l'aident à rejoindre ce lieu sans lieu, où tout est célébration, où un chant envahit l'espace et vibre avec lui !
-7-
Les arbres , maintenant, ne bougent plus. Plus un souffle ! Quelques lueurs demeurent entre les branches. Il aurait voulu chanter plus fort et au plus près de ce cri sans mots. Mais déjà le papier redevient blanc, d'une blancheur qui convient à ce chant qui secrètement cherche à naître !
dimanche 29 mai 2011
Matin de mai I
-1-
Silencieuse plante sans nom, au bord du sentier qui mène au Haut-du-lièvre, parfaite en sa forme. Elle est, simplement. Plus haut, à côté d'une maison, un enfant, cheveux noirs, joue au ballon, entouré de pins qui semblent soutenir la voûte pure du ciel. On pourrait croire avec les hirondelles qui s'éloignent par jeu des arbres luisants de lumière, que tout est tranquille !
-2-
Chacun et chaque chose ont retouvé leur place. Nul piétinement ! Un homme écrit et suit des yeux la trace blanche d'un avion à réaction. De l'autre côté de la rue, une femme blonde nettoie les vitres de sa cuisine. Sans doute désire-t-elle que la lumière rentre à flots ? Des peupliers et des hêtres se balancent à droite, puis à gauche, mais c'est avec une telle douceur que le vent semble n'y être pour rien.
-3-
D'ailleurs il arrive qu'une seule feuille tremble dans le soleil, alors qu'il n'y a aucun souffle d'air. Elle danse alors presque frénétiquement. Prient-elles ses feuilles pour la douceur du regard de l'homme ? Il reste là, immobile devant ce balancement. Les feuillages prolongent sa paix qu'il ne comprend pas.
-4-
Paix qui rejoint l'abeille qui vaque à son pollen, ou le papillon qui applaudit à deux ailes les roses joufflues où ivre-morts de parfum, des scarabées verts s'endorment ! Paix d'un jour de mai où dans les allées du marché ne demeurent que les éclats de voix joueurs des marchands à leur étal. C'est comme si tous ces visages, du plus enfantin et transparent au plus raviné, voulaient laisser être la lumière !
Silencieuse plante sans nom, au bord du sentier qui mène au Haut-du-lièvre, parfaite en sa forme. Elle est, simplement. Plus haut, à côté d'une maison, un enfant, cheveux noirs, joue au ballon, entouré de pins qui semblent soutenir la voûte pure du ciel. On pourrait croire avec les hirondelles qui s'éloignent par jeu des arbres luisants de lumière, que tout est tranquille !
-2-
Chacun et chaque chose ont retouvé leur place. Nul piétinement ! Un homme écrit et suit des yeux la trace blanche d'un avion à réaction. De l'autre côté de la rue, une femme blonde nettoie les vitres de sa cuisine. Sans doute désire-t-elle que la lumière rentre à flots ? Des peupliers et des hêtres se balancent à droite, puis à gauche, mais c'est avec une telle douceur que le vent semble n'y être pour rien.
-3-
D'ailleurs il arrive qu'une seule feuille tremble dans le soleil, alors qu'il n'y a aucun souffle d'air. Elle danse alors presque frénétiquement. Prient-elles ses feuilles pour la douceur du regard de l'homme ? Il reste là, immobile devant ce balancement. Les feuillages prolongent sa paix qu'il ne comprend pas.
-4-
Paix qui rejoint l'abeille qui vaque à son pollen, ou le papillon qui applaudit à deux ailes les roses joufflues où ivre-morts de parfum, des scarabées verts s'endorment ! Paix d'un jour de mai où dans les allées du marché ne demeurent que les éclats de voix joueurs des marchands à leur étal. C'est comme si tous ces visages, du plus enfantin et transparent au plus raviné, voulaient laisser être la lumière !
samedi 28 mai 2011
Que là
Il n'y a eu
que là,
la seule intuition,
le seul message,
contre vents et marées,
où tout serait sensible
même le granit noir
qui brille près du glacier,
voir derrière le ciel,
voir sous la terre,
voir les battements d'un coeur
qui se propage,
et au-delà des rires
et des larmes,
l'univers contre
la joue d'une enfant
que là,
la seule intuition,
le seul message,
contre vents et marées,
où tout serait sensible
même le granit noir
qui brille près du glacier,
voir derrière le ciel,
voir sous la terre,
voir les battements d'un coeur
qui se propage,
et au-delà des rires
et des larmes,
l'univers contre
la joue d'une enfant
vendredi 27 mai 2011
La saveur du réel
Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les paves étaient humides et ses bras battants l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.
Pierre Reverdy, « Poèmes en prose », in Œuvres complètes, tome 1, Flammarion 2010, p. 57
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les paves étaient humides et ses bras battants l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.
Pierre Reverdy, « Poèmes en prose », in Œuvres complètes, tome 1, Flammarion 2010, p. 57
Graine
Graine au gré du vent,
où se posera-t-elle ?
Sème ceux qui s'aiment,
déjà ailleurs
avant que le fruit
tombe de l'arbre,
emportés
par l'eau pure
d'une source
au coeur
de l'oubli d'eux-même !
où se posera-t-elle ?
Sème ceux qui s'aiment,
déjà ailleurs
avant que le fruit
tombe de l'arbre,
emportés
par l'eau pure
d'une source
au coeur
de l'oubli d'eux-même !
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