jeudi 16 août 2012
Rien d'autre
-1-
Une pie jacasse
près des pins cembro.
L'ombre des branches
danse sur le sol
couvert d'épines.
Assis sur un banc
de rondins grossiers,
face au sommet des Bans
couvert de névés grisâtres,
il écoute simplement
une mobylette qui remonte
la route de la vallée !
le torrent du Gyr
n'arrive pas à couvrir
son vrombissement !
-2-
Des sittelles torchepot
chantent discrètement
perchées sur de jeunes mélèzes.
Un souffle de vent
fait tomber une aiguille
de pin toute sèche
sur son pantalon.
Dans les champs
en contre-bas
une unique meule de foin
est écrasée par le soleil.
Il est là, il écoute !
Malgré tous ces bruits
qui parviennent à lui,
le silence siffle à son oreille !
-3-
Une fourmi géante
se faufile entre les herbes
et les pommes de pin.
Sur son carnet
une minuscule sauterelle
s'est posée et malgré
les mouvements du crayon
ne semble pas vouloir partir.
Il est là, il respire !
Un papillon bleu passe.
C'est un instant unique,
une unique vision.
Une branche craque,
le papillon repasse
folâtrer près de lui !
-4-
Des nuages aux cheveux
de vapeur blanche en désordre
s'approchent
du sommet des arbres
et des cimes
qui deviennent noires.
Il sent les odeurs
de bois et d'écorce.
Il est là, il regarde
les taches de lumière
qui se balancent
sur la page blanche.
Il est là,
n'a aucune idée !
-5-
Là vivant
sur la terre vivante !
On lui a dit
que son coeur battait.
Il pose la main
sur sa poitrine,
sent à peine
les battements !
Ses épaules pèsent un peu.
Il a une légère gêne
dans la nuque.
Il est là
avec son corps,
compagnon apaisé !
-6-
Deux merles se réfugient
dans un buisson.
Des nuages filamenteux
ont envahi le ciel !
Un avion y laisse
son paraphe.
Une aile de parapente,
pétale violet
de fleur géante
qui s'affaisse,
se pose dans un champ.
l'ombre grandit,
la lumière ne joue plus
sur son carnet.
-7-
Il ne sera bientôt
plus là sur ce banc.
Il admire en un
dernier coup d'oeil
l'harmonie du pin
devant lui,
malgré son tronc
qui se dédouble.
Ses branches sont
comme des bras
levés avec mesure
dans une courbe qui rassure
pour accueillir le ciel !
Il se lève maintenant,
sachant qu'il n'a
rien d'autre à écrire !
Une pie jacasse
près des pins cembro.
L'ombre des branches
danse sur le sol
couvert d'épines.
Assis sur un banc
de rondins grossiers,
face au sommet des Bans
couvert de névés grisâtres,
il écoute simplement
une mobylette qui remonte
la route de la vallée !
le torrent du Gyr
n'arrive pas à couvrir
son vrombissement !
-2-
Des sittelles torchepot
chantent discrètement
perchées sur de jeunes mélèzes.
Un souffle de vent
fait tomber une aiguille
de pin toute sèche
sur son pantalon.
Dans les champs
en contre-bas
une unique meule de foin
est écrasée par le soleil.
Il est là, il écoute !
Malgré tous ces bruits
qui parviennent à lui,
le silence siffle à son oreille !
-3-
Une fourmi géante
se faufile entre les herbes
et les pommes de pin.
Sur son carnet
une minuscule sauterelle
s'est posée et malgré
les mouvements du crayon
ne semble pas vouloir partir.
Il est là, il respire !
Un papillon bleu passe.
C'est un instant unique,
une unique vision.
Une branche craque,
le papillon repasse
folâtrer près de lui !
-4-
Des nuages aux cheveux
de vapeur blanche en désordre
s'approchent
du sommet des arbres
et des cimes
qui deviennent noires.
Il sent les odeurs
de bois et d'écorce.
Il est là, il regarde
les taches de lumière
qui se balancent
sur la page blanche.
Il est là,
n'a aucune idée !
-5-
Là vivant
sur la terre vivante !
On lui a dit
que son coeur battait.
Il pose la main
sur sa poitrine,
sent à peine
les battements !
Ses épaules pèsent un peu.
Il a une légère gêne
dans la nuque.
Il est là
avec son corps,
compagnon apaisé !
-6-
Deux merles se réfugient
dans un buisson.
Des nuages filamenteux
ont envahi le ciel !
Un avion y laisse
son paraphe.
Une aile de parapente,
pétale violet
de fleur géante
qui s'affaisse,
se pose dans un champ.
l'ombre grandit,
la lumière ne joue plus
sur son carnet.
-7-
Il ne sera bientôt
plus là sur ce banc.
Il admire en un
dernier coup d'oeil
l'harmonie du pin
devant lui,
malgré son tronc
qui se dédouble.
Ses branches sont
comme des bras
levés avec mesure
dans une courbe qui rassure
pour accueillir le ciel !
Il se lève maintenant,
sachant qu'il n'a
rien d'autre à écrire !
mercredi 15 août 2012
Ce qui veut vivre
-1-
Là où il se trouve
vient à lui le vent frais du Nord
où à nouveau
sourient les arbres
gardiens de la colline.
Tout à l'heure,
il marchait à travers
jardins et vergers.
Les fleurs venaient
embrasser son regard
empli de calme.
-2-
Le monde le comprend.
Il comprend le monde,
étoiles bleues
des fleurs de bourrache,
dahlias oursins
d'or et de sang,
boule de lavande
hérisson qui frémit,
corolles citron
des fleurs de potiron
où s'engloutissent les abeilles !
Tout brillait dans l'air
sans poussière d'après l'averse !
-3-
Qu'est-ce que la vérité ? :
coup d'épingle !
Le savoir ne sert de rien !
Il s'étonne de son coeur
qui chante
rescapé des orages,
et il chante pour rien
ses chaines qui tombent !
Cosmos et marguerites
suivent la danse
des branches de bambous.
Il est sous un regard
qui le crée et l'aime !
-4-
Il s'agit de tout donner,
de s'enfoncer au large,
loin de la cage
qui accapare,
coquelicot frêle
qui meurt et sème
ses graines noires,
soleil aux mains ouvertes
qui n'a plus rien à perdre,
donner encore son chant
comme l'oiseau inconnu
perdu dans son feuillage
célèbre sans retour
son bonheur d'être !
-5-
Et le voilà
avec son poème,
pétales d'une fleur
qui se fane
et qu'un souffle disperse !
Il l'offre au silence,
à la place de la mitraille,
loin des lèvres qui mentent
et des calculateurs !
Amour pour amour,
quelle place pour la haine !
-6-
Quelle est
cette bouche étrange
qui l' a rejeté
sur le rivage ?
Il découvre une île
où des anges se rejoignent !
Encore bleu de sa nuit,
il laisse l'aurore
guérir l'amertume
de son encre
où la vérité se perdait.
-7-
Advienne ce qui
veut vivre en lui !
Une corneille malade
cherche l'ombre
des physalis
pour y mourir
pendant qu'une palombe
se pose au plus haut
d'un sapin argenté !
Entre ces deux images
il avance et se tait !
Là où il se trouve
vient à lui le vent frais du Nord
où à nouveau
sourient les arbres
gardiens de la colline.
Tout à l'heure,
il marchait à travers
jardins et vergers.
Les fleurs venaient
embrasser son regard
empli de calme.
-2-
Le monde le comprend.
Il comprend le monde,
étoiles bleues
des fleurs de bourrache,
dahlias oursins
d'or et de sang,
boule de lavande
hérisson qui frémit,
corolles citron
des fleurs de potiron
où s'engloutissent les abeilles !
Tout brillait dans l'air
sans poussière d'après l'averse !
-3-
Qu'est-ce que la vérité ? :
coup d'épingle !
Le savoir ne sert de rien !
Il s'étonne de son coeur
qui chante
rescapé des orages,
et il chante pour rien
ses chaines qui tombent !
Cosmos et marguerites
suivent la danse
des branches de bambous.
Il est sous un regard
qui le crée et l'aime !
-4-
Il s'agit de tout donner,
de s'enfoncer au large,
loin de la cage
qui accapare,
coquelicot frêle
qui meurt et sème
ses graines noires,
soleil aux mains ouvertes
qui n'a plus rien à perdre,
donner encore son chant
comme l'oiseau inconnu
perdu dans son feuillage
célèbre sans retour
son bonheur d'être !
-5-
Et le voilà
avec son poème,
pétales d'une fleur
qui se fane
et qu'un souffle disperse !
Il l'offre au silence,
à la place de la mitraille,
loin des lèvres qui mentent
et des calculateurs !
Amour pour amour,
quelle place pour la haine !
-6-
Quelle est
cette bouche étrange
qui l' a rejeté
sur le rivage ?
Il découvre une île
où des anges se rejoignent !
Encore bleu de sa nuit,
il laisse l'aurore
guérir l'amertume
de son encre
où la vérité se perdait.
-7-
Advienne ce qui
veut vivre en lui !
Une corneille malade
cherche l'ombre
des physalis
pour y mourir
pendant qu'une palombe
se pose au plus haut
d'un sapin argenté !
Entre ces deux images
il avance et se tait !
mardi 14 août 2012
Quand déjà tout s'efface
-1-
Deux lièvres
dans une lumière
d'après l'averse
jouent à se poursuivre
et disparaissent
parmi les fleurs de trèfle.
Surprises dans
leur gîte de passage,
les oies sauvages
d'un coup d'aile
s'échappent vers l'étang
avec des cris stridents.
-2-
Il marche sur un chemin
qui se perd près
de nuages en enclume
traversés de rayons.
Il marche entre
ciel et terre,
près des fleurs
fugitives des fossés,
aimerait trouver
enfin paix profonde.
-3-
Près d'une croix
en pierre, marquée
d'un "va et espère",
Il ne sait où il va
et ce qu'il espère.
le vent dans les branches
de saules argentés
forme des vagues
et chante comme la mer.
Au coeur des champs de blé
les alouettes s'entêtent
à lancer leurs flèches
vers la voûte céleste.
-4-
Au bord de plants de maïs
qui dansent la gigue,
des achillées jaunes
sont des étoiles
dans un ciel vert
de feuillages qui frissonnent.
Visage fouetté
par la pluie,
il aperçoit
deux demoiselles
cigognes endimanchées
qui méditent
le bec baissé.
-5-
Le soir dans la lumière
qui se couche
et forme sur l'eau
un chemin d'or,
il laisse la barque
d'un pêcheur solitaire
lentement disparaître !
C'est comme s'il
avait déjà tout oublié,
que dans sa mémoire
ne restait plus qu'un sillage !
-6-
Maintenant qu'il est
revenu immobile
à sa fenêtre,
demeurent :
le visage de la cafetière
de l' "Etoile de Lorraine"
et sa réflexion étrange
de vieille femme usée :
"Dieu ne veut pas de moi
et le diable me craint !",
Les villages traversés
toujours endormis,
l'eau miraculeuse
qu'il n'est plus
possible de boire !
-7-
Ou le ciel
qui envahissait les champs,
se glissait entre
les herbes et les épis,
défilait dans les flaques
pièges à lumière !
Oui, la vie sans cesse,
un passage incessant,
et le vent qui respire
au lisière des forêts
à l'ombre emprisonnée !
Que reste-t-il
quand déjà
tout s'efface ?
Deux lièvres
dans une lumière
d'après l'averse
jouent à se poursuivre
et disparaissent
parmi les fleurs de trèfle.
Surprises dans
leur gîte de passage,
les oies sauvages
d'un coup d'aile
s'échappent vers l'étang
avec des cris stridents.
-2-
Il marche sur un chemin
qui se perd près
de nuages en enclume
traversés de rayons.
Il marche entre
ciel et terre,
près des fleurs
fugitives des fossés,
aimerait trouver
enfin paix profonde.
-3-
Près d'une croix
en pierre, marquée
d'un "va et espère",
Il ne sait où il va
et ce qu'il espère.
le vent dans les branches
de saules argentés
forme des vagues
et chante comme la mer.
Au coeur des champs de blé
les alouettes s'entêtent
à lancer leurs flèches
vers la voûte céleste.
-4-
Au bord de plants de maïs
qui dansent la gigue,
des achillées jaunes
sont des étoiles
dans un ciel vert
de feuillages qui frissonnent.
Visage fouetté
par la pluie,
il aperçoit
deux demoiselles
cigognes endimanchées
qui méditent
le bec baissé.
-5-
Le soir dans la lumière
qui se couche
et forme sur l'eau
un chemin d'or,
il laisse la barque
d'un pêcheur solitaire
lentement disparaître !
C'est comme s'il
avait déjà tout oublié,
que dans sa mémoire
-6-
Maintenant qu'il est
revenu immobile
à sa fenêtre,
demeurent :
le visage de la cafetière
de l' "Etoile de Lorraine"
et sa réflexion étrange
de vieille femme usée :
"Dieu ne veut pas de moi
et le diable me craint !",
Les villages traversés
toujours endormis,
l'eau miraculeuse
qu'il n'est plus
possible de boire !
-7-
Ou le ciel
qui envahissait les champs,
se glissait entre
les herbes et les épis,
défilait dans les flaques
pièges à lumière !
Oui, la vie sans cesse,
un passage incessant,
et le vent qui respire
au lisière des forêts
à l'ombre emprisonnée !
Que reste-t-il
quand déjà
tout s'efface ?
lundi 13 août 2012
L'écharde
Nous commençons notre périple en étant tout à fait présents et plein de reconnaissance. Le soleil brille, les oiseaux chantent. Puis nous nous heurtons un orteil; A ce moment là, le monde est réduit à notre pauvre petit orteil. Et pendant un jour ou deux nous marchons avec difficulté. A chaque pas, ce pauvre petit orteil nous revient à l'esprit.
Notre vigilance doit alors décider de ce qui déterminera notre journée: la douleur ressentie à l'orteil blessé quand nous marchons ou le miracle de la vie toujours en action.
Et c'est quand nous nous attardons trop aux petites choses que la misère rentre en jeu. En réalité nous commençons toujours par ne rien tenir pour acquis, par être reconnaissant d'avoir assez à manger et d'être suffisamment en santé pour pouvoir le faire. Mais, d'une manière ou d'une autre, au fil des jours, notre attention rapetisse comme l'objectif d'un appareil photo peut rapetisser un paysage. Et un soir, à l'heure du repas, nous voilà vexé parce qu'un plat n'est pas assaisonné à notre goût.
Quand notre horizon rétrécit, seul le problème reste.
En fait, la misère est un petit moment de souffrance auquel on accorde toute la place. Alors, quand nous nous sentons misérable, nous devons porter notre regard au-delà de ce qui fait mal.
Quand nous avons une écharde quelque part et que nous essayons de l'enlever, nous devons nous rappeler qu'il y a un corps, un esprit, un monde qui n'est pas une écharde.
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