jeudi 7 juin 2012

Joie sans cause

Tout désir est une réminiscence d’une joie unique et sans cause. Éprouver un désir c’est merveilleux. L’univers entier est l’actualisation du désir. Mais pourquoi construire toute une histoire autour d’un désir ? C’est comme l’amour : il n’est jamais problématique. Mais dès que l'accent porte sur une histoire, qui se réfère à un soi-même, c’est la misère. C’est pourquoi Christian Bobin écrivait que dans les histoires d’amour, il y a surtout des histoires et peu d’amour.
Si nous nous arrêtions à examiner clairement ce que nous voulons vraiment – l’a-t-on fait au moins une fois dans sa vie ? –, bien des choses pourraient changer. Il s’agit ici de vraiment voir, de sentir : que veut-on ? Examinez à quel moment de votre vie vous vous sentiez vraiment bien et voyez qu’à ce moment-là vous avez attribué cela à des éléments circonstanciels et décoratifs. On peut se sentir complètement bien sans qu’il ne se passe rien. De tels moments montrent clairement que la joie n’est tributaire de rien. C’est l’histoire que nous nous racontons qui veut nous faire dire que la joie dépend de telle personne, de tel lieu ou de telle circonstance. Tout cela est faux : voyons-le ! C’est important, c’est capital. Sinon, nous allons continuer à errer dans les mêmes sphères. Quand donc allons-nous en sortir ? Voilà ce que j’appelle « se comprendre ». Qu’est-ce que je veux vraiment et d’où vient l’idée que je ne l’ai pas ?


Jean Bouchard d'Orval



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