mardi 5 juin 2012

Le cri est là

-1-

Quel dévoilement
espérer encore ?
Un petit frère oiseau
chantait ce matin
avec la voix d'une femme,
communion des fragilités !
Tout est frémissement,
pétales de pivoine
blanche au vent !



-2-

Des arbres sont ébouriffés
par les courses poursuites
de moineaux en folie !
Il ne voit plus rien
dans le ciel blanc.
Il aurait besoin
de respirer de la lumière !
Abida, Abida !
Ton chant ce matin
était si désirant !

-3-

Et puis il y a eu
cet aboiement sourd
près du jardin triste,
comme si au fond
de son désarroi,
le chien dans son enclos
voulait lui montrer,
malgré ses larmes noires,
son amitié alors qu'il
se rendait à son travail !



-4-

Cris que l'on ne perçoit pas !
Au coin des rues
passent des emmurés vivants !
Cris partout,
derrière la fenêtre
un regard de braise,
celui de la vieille dame
aux cent rosiers
qui ne peut plus
faire le tour du quartier !

-5-

Et la nuit dernière,
cet autre vieillard
perdu sur sa barque
dans un monde qui s'effondre,
qui déteste les oiseaux,
ne les voit plus,
ne les entend plus,
et qui meurt sans pouvoir
rencontrer de flamme !



-6-

Ah ! si l'on entendait ce cri !
Là-haut des nuages
d'orage de cris
qui jamais ne pénètrent
dans les maisons proprettes
où les enfants sont au mur
dans des cadres blancs,
si l'on entendait ce sang
du cri qui cherche à vivre
et ne trouve que noeud coulant !

-7-

Mais des mains se tendent
dans le vide,
attendent la réalité
chaude et vivante
d'un coeur battant !
Et le cri continue,
à la recherche d'une fissure,
comme un insecte
toujours vivant
dans son bloc d'ambre,
le cri est là
en cet instant,
coup de couteau
dans la bouche
de la nuit où
tout s'anéantit !




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