lundi 11 juin 2012

Reste, chant !

-1-

Reste encore
à ses lèvres,
chant dont nul
ne sait l'engendrement !
Reste, même si les mots
sont des pas sur le sable,
qu'il ne souffre pas
de cette absence,
visage privé d'étoiles !



-2-

Reste aux abords
des ses mains
sans présent
qui touchent encore
la peau du monde
en attente de lumière !
Il devine le diamant
que nul ne ravira
dans l'oeil noir du merle !



-3-

Reste comme un corps
contre un autre corps
puisque ce rivage
s'éloigne irrémédiablement
et que pauvre, il voit
l'éclair du geai à couvert
sous les arbres
dans un bain de silence !


-4-

Ce qui chante échappe
toujours à la constellation
des paroles du poème
comme si écrire était
une caresse sur un visage
qui garde pour toujours
un terrible mystère !
Reste, chant, auprès de lui,
qu'il apprenne à perdre
ses plus belles pensées !





-5-

Reste puisque c'est
un abîme derrière
les rues calmes de la ville,
et que toutes les solitudes
croient fuir l'envers
où l'apparence s'effondre
alors qu'elles ne peuvent
reconnaître le feu
qui les appelle !



-6-

Reste, chant que pressentent
les oiseaux de l'aube,
que les larmes rejoignent
la terre réelle et chaude
que l'on égrène
comme si l'on retrouvait
une perle dans le désert !
Reste, avec la blancheur
des roses qui débordent
comme un corps
qui tombe sans peur
dans la mer,



-7-

Chant du matin d'innocence
où les blessures de la nuit
deviennent des fleurs !
Reste près de lui
comme une femme
qui se lève et accorde
son souffle à celui de l'enfant
qui vient de naïtre !

Reste, puisqu'il n'a pas
d'autre chant
pour ouvrir son sommeil !




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