"Astral", elle portait bien son nom !
Une péniche remontait
la rivière noire dans la nuit.
A l'avant du bateau
brillaient quelques étoiles,
dans la cabine aussi !
Malgré l'obscurité
sans doute savait-elle
où elle allait !
Parfois, il ne sais plus très bien
où mène la rivière
qu'il descend
Il ne perd pas des yeux
quelques lueurs astrales
inscrites dans le livre
de sa mémoire claire
pour conjurer le néant
qui voudrait voir
sa vie se taire !
mardi 15 novembre 2011
lundi 14 novembre 2011
Jourdan
"Où tu respires, il y a une RESPIRATION. C'est très simple, mais tu l'oublies. Ta respiration, elle, ne l'oublie pas. Peut-être est-elle à même, si tu y portes attention, de te la faire retrouver"
Pierre-Albert Jourdan
Pierre-Albert Jourdan
Mot vivant
Mot chair
Mot fruit
Mots que l'on mange
Ah ! Poème caresse
pour toi, pour ta vie,
mot frisson
mot souffle
mots vrais
qui deviennent des amis,
des étoiles dans la nuit !
Il y a tant de mots là-haut
froids et secs
sans racines, sans nuages,
il y a tant de mots
qui n'ont pas vécu,
qui ne changent rien !
Mais pour toi, aujourd'hui,
il te donne un mot
qui jamais ne s'arrête de battre...
un mot vivant !
Mot fruit
Mots que l'on mange
Ah ! Poème caresse
pour toi, pour ta vie,
mot frisson
mot souffle
mots vrais
qui deviennent des amis,
des étoiles dans la nuit !
Il y a tant de mots là-haut
froids et secs
sans racines, sans nuages,
il y a tant de mots
qui n'ont pas vécu,
qui ne changent rien !
Mais pour toi, aujourd'hui,
il te donne un mot
qui jamais ne s'arrête de battre...
un mot vivant !
dimanche 13 novembre 2011
Peter Handke, le chant de l'enfance
Lorsque l’enfant était enfant, il marchait les bras ballants,
voulait que le ruisseau soit rivière et la rivière fleuve, que cette flaque soit la mer …
Lorsque l’enfant était enfant, il ne savait pas qu’il était enfant,
tout pour lui avait une âme et toutes les âmes étaient une …
Lorsque l’enfant était enfant, il n’avait d’opinion sur rien, il n’avait pas d’habitudes,
il s’asseyait en tailleur, démarrait en courant,
avait une mèche rebelle et ne faisait pas de mines quand on le photographiait …
Lorsque l’enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes :
pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est-elle pas un rêve ?
Ce que je vois, entend, sens,
n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe-t-il vraiment et des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi, qui suis moi, avant de devenir,
je n’étais pas, et qu’un jour moi, qui suis moi,
je ne serai plus ce moi que je suis.
Peter Handke
A bon port
-1-
Clarté soudaine ! Le soleil a retrouvé sa douceur. Au plus haut du bouleau, les deux dernières feuilles d'or tremblent sous la caresse de la lumière. Et au milieu de la colline qui a pris ses habits de deuil, l'arbre au mille écus est un astre à lui tout seul !
-2-
Dans ce dégagement, il ouvre encore plus grand son regard. Est-ce si sûr qu'il est déjà vu le monde et même rencontré son enfant ? Lorsqu'il marchait avec elle après le repas, il découvrait à nouveau son visage par la grâce du pas et la fraicheur du silence.
-3-
Quel est cet obscurcissement prêt à tuer la graine qui attendait l'eau vierge d'un regard, cette prison terrible où êtres et choses sont rangés par habitude dans des cellules ternes où lentement ils perdent tout éclat ? Parmi des aveugles toujours au bord de l'asphyxie, il tente l'étonnement d'un nouveau-né qui ne dort jamais quand il est éveillé !
-4-
Et qu'importe le ricanement de ceux qui salissent la chair sensible du mystère ! N'ayant plus rien à conquérir, il s'attarde sur le grain de raisin tâcheté, les moucherons qui volent sans but entre deux rayons de soleil, ou l'écriture toujours à déchiffrer sur l'écorce blanche du bouleau.
-5-
Il y a tellement à lire, loin de l'armée noire et sérieuse des lettres d'alphabet qui se terrent entre les pages des livres, tellement à découvrir, plutôt que revêtir l'uniforme du soldat qui , ayant tout vu, continue à tuer, croyant que vivre est un ordre !
-6-
Par surprise, avec le soir, le ciel si clair s'est empli de nuages effilochés. Il habite un rêve si réel. Un pas en arrière de sa folie a suffi, un pas guère plus grand que celui d'un enfant qui se jette sans appui dans l'espace que lui abandonne sa mère avec confiance.
-7-
Un pas en arrière où il laisse les oies sauvages poursuivre leur voyage, où il lâche la main de ceux qu'il aime, sans les aimer moins, où il abandonne au fleuve de son désir le navire en papier de son poème, sûr qu'il arrivera à bon port !
Clarté soudaine ! Le soleil a retrouvé sa douceur. Au plus haut du bouleau, les deux dernières feuilles d'or tremblent sous la caresse de la lumière. Et au milieu de la colline qui a pris ses habits de deuil, l'arbre au mille écus est un astre à lui tout seul !
-2-
Dans ce dégagement, il ouvre encore plus grand son regard. Est-ce si sûr qu'il est déjà vu le monde et même rencontré son enfant ? Lorsqu'il marchait avec elle après le repas, il découvrait à nouveau son visage par la grâce du pas et la fraicheur du silence.
-3-
Quel est cet obscurcissement prêt à tuer la graine qui attendait l'eau vierge d'un regard, cette prison terrible où êtres et choses sont rangés par habitude dans des cellules ternes où lentement ils perdent tout éclat ? Parmi des aveugles toujours au bord de l'asphyxie, il tente l'étonnement d'un nouveau-né qui ne dort jamais quand il est éveillé !
-4-
Et qu'importe le ricanement de ceux qui salissent la chair sensible du mystère ! N'ayant plus rien à conquérir, il s'attarde sur le grain de raisin tâcheté, les moucherons qui volent sans but entre deux rayons de soleil, ou l'écriture toujours à déchiffrer sur l'écorce blanche du bouleau.
-5-
Il y a tellement à lire, loin de l'armée noire et sérieuse des lettres d'alphabet qui se terrent entre les pages des livres, tellement à découvrir, plutôt que revêtir l'uniforme du soldat qui , ayant tout vu, continue à tuer, croyant que vivre est un ordre !
-6-
Par surprise, avec le soir, le ciel si clair s'est empli de nuages effilochés. Il habite un rêve si réel. Un pas en arrière de sa folie a suffi, un pas guère plus grand que celui d'un enfant qui se jette sans appui dans l'espace que lui abandonne sa mère avec confiance.
-7-
Un pas en arrière où il laisse les oies sauvages poursuivre leur voyage, où il lâche la main de ceux qu'il aime, sans les aimer moins, où il abandonne au fleuve de son désir le navire en papier de son poème, sûr qu'il arrivera à bon port !
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