samedi 3 novembre 2012

Quelques phrases de Pierre-Albert Jourdan

"Le monument à l'inutilité, l'enrichir chaque jour !"

"Je suis ici l'erreur qui s'apaise !"

"Lorsque tu tousses ici, cela te fait l'effet d'une sorte de profanation !"



"Vous ne ferez pas entrer le dépit dans un paysage !"

"Ce chemin qui se perd dans la colline, dis-toi que c'est un bon chemin, il ne te ménera pas à Babel !"

"Frémissement, mot admirable, habillé de feuilles, de chair, de vent et d'amour !"

vendredi 2 novembre 2012

Bang Hai Ja


Bang Hai Ja est née à Séoul en 1937 et vit en France depuis 1961. Elle fait partie de la première génération de peintres abstraits coréens. Ses débuts à Paris ont tout de suite été remarqués par l'écrivain, historien d’art et critique Pierre Courthion qui n'a eut de cesse de l'encourager. C'est, en fait, à l'extérieur de son pays que Bang Hai Ja va vraiment découvrir ses racines et qu'elle choisit délibérément de garder en référence sa culture coréenne, les techniques, l'approche de l'univers qui a été celle de son enfance et de son adolescence. Gilbert Lascault, auteur de la première monographie en français de l'œuvre publiée par les Editions Cercle d'Art en 1997, écrit : « la peinture de Bang Hai Ja ne cesse de nous offrir de nouvelles vues de l'univers. Elle est d'abord un regard sur le cosmos : regard qui admire l'univers et qui nous aide à en admirer les multiples beautés. Dans leur immobilité active, dans leur attention sans faille, les peintres et les poètes sont, sans doute, des veilleurs « postés », pour être les témoins de la beauté du cosmos, de son harmonie, de sa diversité. Bang Hai Ja est quelqu'un qui veille ». « L'énergie qui émane de l'acte de peindre est un véritable souffle qui donne la force de l'âme à celui qui regarde. » dit l'artiste elle-même.
Source et suite du texte : Bang Hai Ja (site officiel)



Vibration de l'univers (2006)


Bibliographie :
- Bang Hai Ja, Gilbert Lascaux, Ed. Cercle d'Art, Paris, 1998.
- Les milles monts de la lune : Poème de Corée, Ed. Albin Michel, 2003
- Souffle de lumière, Ed. Cercle d'Art, Paris, 2007.
Commande sur Amazon : Souffle de Lumière : Oeuvres 1997-2006En collaboration :
Kim Chi Ha (texte), Eclosion, Illustration (Lavis) Bang Hai Ja, Ed. Voix d'encre, 2006.
Charles Juliet (texte), Une joie secrète, Illustration (Lavis) Bang Hai Ja, Ed. Voix d'encre, 2007.
Articles sur Bang Hai Ja : Bang Hai Ja
Film sur Bang Hai Ja :
Philippe Monsel, Bang Hai Ja, Chant de lumière, 40mn. (disponible en DVD) : Eka production
Site officiel : Bang Hai Ja


Au coeur de la source (1994)

* * *
LUMIERE DU SILENCE

Le matin empli du murmure du sang
s'épanouit la lumière
Dans le coeur en attente
Le sourire émane de chaque cellule

À la pointe du pinceau qui effleure l'infime
La nature exhale la beauté du monde
Et dans le frémissement du réel le plus subtil
Les particules conduisent au coeur de la lumière

Sur un silencieux chemin de lumière
S'épurent les yeux qui deviennent
Ceux d'un enfant

Se renouvelle la vie
Naissant
De la métamorphose

* * *

Lumière, couleur, énergie (2008)


Lavis (2002)

* * *
LUMIERE DANS LE TABLEAU

La lumière filtre
À travers la persienne
Elle peint le tableau
En me conciliant le soleil
Je peins sa lumière

Sur le ciel du tableau
La lumière se mue
En étoile scintillante
Le coeur sourit
La lumière peint avec ma main
Se glisse dans mon coeur
Tous deux
Nous pénétrons dans la toile
En célébrant l'Un

* * *

Oeil de lumière (2004)

Oeil de lumière (2004)

* * *
D'OU VIENT CETTE LUMIERE

Dans l'atelier
Elle naît au centre de mon coeur
Monte du profond de la matière
De la pénombre du monde intérieur
Lentement
Toutes les lumières s'avivent
Se répandent
Inondent l'univers
L'oeil du coeur s'ouvre
Surgit l'image cachée

* * *
Terre de lumière (2006)

Terre de lumière (2006)

* * *
À LA RECHERCHE DE LA LUMIERE

Vider son coeur
Marcher vers le centre de l'univers
Au centre du vide
Personne rien

Par le chemin intérieur
Par le chemin de l'éveil
Se dissipent les ténèbres
Commence à s'ouvrir le chemin lumineux
Celui
Où bat le coeur de l'univers
Où s'éveillent les cellules
Je lance des graines de lumière
Sur la terre et dans le ciel

* * *

Source des images (et autres images) : Hang Bai Ja
Source des poèmes (et autres poèmes) : Hang Bai Ja
* * *

Souffle de lumière (2002)

Bang Hai-Ja a créé une patrie d’images, une contrée imaginaire où elle vit, peint, aime et se trouve bien. Elle a sa Corée à elle et son univers, son espace vital, que sont ses peintures, elle naît chaque jour avec elles, discrète, fragile, efficace, parle d’elles avec précision et ferveur. Quand elle n’est pas là, d’autres viennent se promener dans le pays de ses tableaux, découvrent qu’ils s’y plaisent, emportent dans leurs regards et leur esprit sa lumière et cet impalpable scintillement de souffles colorés, ces constellations, ces germinations vibrantes qui épousent les sortilèges de l’immatériel.

Bang Hai-Ja habite le pays de ses racines, de ses éveils, de son enfance, quand elle découvrait, émerveillée, les plantes, les pierres, les cours d’eau limpides, le ciel et ses myriades d’étoiles, l’aurore et le crépuscule. Son pays est celui de l’enchantement, de la pureté, de l’innocence. Entre la Corée de son enfance et de sa jeunesse et la France où elle a regardé, étudié et interrogé Van Gogh, Cézanne, Kandinsky ou Paul Klee, elle a tracé un trait d’union, un fil d’Ariane pour « aller au fond de moi-même » dit-elle et unir l’Orient et l’Occident, la tradition calligraphique et la révélation de l’abstraction.
Bang Hai-Ja ne peint pas la nature mais l’espace, le signe, la tache, l’éclair, le cri qui deviennent par une sorte de magie visionnaire, éclaboussures de lumière, frissons d’astres, sismographies d’appels, de rumeurs. Les suggestions et les vibrations d’un cosmos imaginé. L’émotion se cristallise en elles, ouvre un chemin vers l’infini.

La Peinture de Bang Hai-Ja est un jardin ébloui, le regard parcourt ses floraisons, rien ne pèse, ne dure sinon l’épanouissement, l’épanchement. Une autre voie est ouverte, une nouvelle distance est prise avec le monde et de nouvelles approches deviennent possibles. Ainsi se trouve-t-on face à un art qui ne vise pas à représenter, donc à réduire l’homme à un esclavage par l’image, mais au contraire à le libérer, à lui restituer son autonomie, son originalité. Un art qui abolit l’ordinaire et rend à l’artiste son pouvoir créateur et à la création sa plénitude

Pierre Cabanne
Extrait de la présentation de : Souffle de Lumière

Mouloudji Un jour je m'en irai (poème de Prévert)



Un jour je m'en irai sur un bateau tout blanc   Aux îles sous le vent, au pays des enfants                    Ah oui je m'en irai, m'en irai pour la vie Pour les jours et les soirs, les matins et les nuits   Je quitterai Paris, je quitterai la Seine   Notre Dame les quais, ma jeunesse et la tienne                    Je n'irai plus jamais acheter de château,                      En Espagne ou ailleurs ni faire le zigoto Ni trainer ma mollesse de vieux cargo usé   Au long des noirs canaux de Paris enfiévré Ni ne finirai plus à minuit Place Blanche   Ah je voudrais goûter à mes anciens dimanches   Je quitterai Paris sans même une valise   Pour larguer mon passé et toutes mes sottises                       Je quitterai les fleurs du jardin de ton corps                    Et ta bouche anonyme et ton cœur qui m'endort   Je trainerai ma vie au long des continents Au long des rêveries, au long des océans Et peut être au fin fond d'une mer verticale Entre cieux et nuages et va viendra le calme   Un jour je m'en irai sur un bateau tout blanc   Aux îles sous le vent au pays des enfants                   Ah oui je m'en irai, m'en irai pour la vie                          Pour les jours et les soirs, les matins et les nuits Un jour je m'en irai sur un bateau tout blanc Aux îles sous le vent au loin, loin oui mais quand                    Ah oui je m'enfuirai m'enfuirai pour la vie Pour les jours, pour les nuits, pour la mort sans soucis

En marchant


 
 

Grésil sur les feuilles mortes,

on dirait qu'elles se réveillent.

 

Pourtant tout dort encore

sauf le pic-vert et son tic-tac.

 

L'ombre d'une buse

glisse avec son cri.

 

Au fond du vallon

des branches craquent,

 

et en marchant

l'on rêve que

l'on marche !
 
 

jeudi 1 novembre 2012

l'âme

L'âme
cette petite lueur
au coeur du silence flamboie,
au coeur des villes s'efface

Ping Hsin


Le Caravage

Il n'aurait fallu, Léo Ferré, poème Aragon




Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l'immense été
Des choses humaines

Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d'air

Rien qu'un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s'appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m'a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l'herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon coeur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l'ombre douce

Il n'aurait fallu
Qu'un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Perdre son âme

Perdre son âme
c'est comme un oiseau
qui a perdu son chant.
Tu passes près de lui
sans jamais le voir !

Heureusement
les arbres chantent,
le ciel chante,
le sable même
chante dans le désert !

Qu'est-ce qu'un oiseau
et un homme qui
ne chantent plus ?

Un oiseau proche de mourir,
un homme au regard mort
qui cherche des proies à saisir !