-1-
Quelques taches de lumière par la fenêtre donnent un peu de couleur à son vide. Mystère des coeurs, à l'image des feuillages encore accrochés aux arbres, tout est tellement plus large ! Cette fenêtre est le lieu de passage pour les pensées-nuages qui n'arrivent plus à l'emprisonner !
-2-
Seul, dans la ville, il marche maintenant parmi des vivants aux regards vitreux. Parfois un feu follet surgit entre deux vestes noires : un être qui danse encore vient de passer dans l'allée du désespoir. Vie trop facile à guetter des messages et ne plus voir l'oiseau de passage !
-3-
Sur le cours recouvert de feuilles brunes de marronniers, il retrouve les gestes de l'enfance, enfoncer ses souliers pour soulever les feuilles, les faire voler et sentir l'odeur un peu amer de l'automne !
-4-
Puis il retrouve sa fenêtre, loin du tohu-bohu de la ville aux mille objets inutiles. Il ne voit plus la grisaille au dessus des toits. demeure seulement l'espace qui vient à lui et l'aide à quitter son fatras intérieur.
-5-
Le temps viendra où tout sera en paix. La coupe d'amertume a une fin. Plus il la boit, plus apparait en son fond d'or le paysage de sa vision, une terrasse d'un bleu intense où il contemple sans retenue la voie lactée et se tient à côté d'un coeur simple qui ne joue pas l'amour.
-6-
Et il sera habité par le chant des vagues et du torrent, s'étant perdu sans retour en ce mystère qu'un simple mot, même murmuré, vient profaner, parce que tout est là !
-7-
Tout est déjà là, comme si chaque cri était le cri de tous, chaque larme d'un corps à terre à n'en plus pouvoir, chaque blessure qui rejoint l'unique blessure du vivant cherchant sa source !



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